6 ingrédients des MOOCs qui diffèrent VRAIMENT de l’e-learning traditionnel

Blog - 6 ingrédients (1).pngLes MOOCs sont-ils une réelle innovation comparés à l’e-learning ? Voilà la question qui a servi de point de départ à ma présentation donnée lors du « MOOCs and Mobile Learning Meeting », organisé par l’International Learning & Development Institute à Paris, fin mars. Plus de 50 responsables de ressources humaines étaient présents ainsi que des experts de l’apprentissage numérique pour réfléchir à (au futur de) leurs programmes de formation en entreprise. Ma réponse a été basée sur les arguments suivants :

Les MOOCs ont connu une hausse impressionnante en termes de nombre d’apprenants, ce qui les différencie des méthodes d’e-learning précédentes. La question posée par les organisateurs reste cependant légitime : le plus n’est pas nécessairement synonyme de mieux et encore moins d’innovant.

Dire qu’un MOOC est ou pourrait être considéré comme innovant comparé à tout autre type d’e-learning serait extrêmement prétentieux. Le professeur Pierre Dillenbourg, sommité du MOOC européen basé en Suisse à l’EPFL (École Polytechnique Fédérale de Lausanne), a trouvé les mots justes en disant que « les bons MOOCs sont (en général) meilleurs que les mauvais MOOCs » durant l’atelier d’apprentissage analytique à l’EPFL en 2015. Comparer l’ensemble des MOOCs à l’e-learning n’a aucun sens, ni d’un point de vue professionnel, ni d’un point de vue scientifique. Il faut plutôt étudier et appliquer les conditions selon lesquelles un MOOC est innovant et réellement meilleur que l’e-learning. En d’autres termes, nous devons comprendre ce qu’est un « bon » MOOC.

Les MOOCs doivent éliminer les principaux défauts de l’e-learning…

agile

L’e-learning est souvent composé d’entités linéaires et longues qui n’offrent pas beaucoup de choix à l’apprenant (ce qui explique pourquoi ce dernier décrit souvent l’expérience comme ennuyeuse). Les MOOCs doivent laisser les apprenants choisir où et quand apprendre, mais aussi créer des parcours d’apprentissage en accord avec leur condition individuelle. Les données sur les apprenants de MOOCs montrent clairement que la plupart d’entre eux ne participent pas à l’intégralité du cours. En réalité, les participants des MOOCs sélectionnent souvent les parties du contenu qui leur sont utiles, ou bien suivent un cours dans le désordre alors que d’autres restent passifs et ne regardent seulement que quelques vidéos. Si vous ne participez qu’à une partie choisie d’un MOOC, vous n’êtes pas considéré comme « ayant décroché » mais comme un apprenant se construisant l’expérience d’apprentissage la plus adaptée à lui-même.

En ce qui concerne la formation d’entreprise, l’argument est le suivant : même laissés en autonomie, les participants apprennent malgré tout. Ils suivent ce MOOC sur l’urbanisme et la mobilité ou le Big Data durant leur temps libre parce qu’ils sont intrinsèquement motivés pour ça. Les entreprises doivent exploiter la motivation des apprenants et non pas l’ignorer.

micro

Un apprentissage flexible nécessite des unités brèves pouvant être utilisées indépendamment les unes des autres afin de pouvoir construire un parcours d’apprentissage propre à chacun, compatible avec une vie professionnelle chargée. Le format vidéo s’est imposé comme le format principal pour offrir un contenu de micro-learning. Les recherches ont confirmé la besoin d’unités brèves : les apprenants ne regardent pas en entier les vidéos de plus de six minutes. En ce qui concerne le pourcentage d’une vidéo effectivement regardée, l’écart entre les apprenants augmente radicalement avec les vidéos de plus de trois minutes (voir Guo et al. 2014).

mobile

Si les apprenants doivent être en mesure de vivre leur parcours d’apprentissage où et quand ils l’entendent, il est essentiel de proposer une bonne expérience d’apprentissage mobile. Cependant, seulement 12 % du contenu de formation d’entreprise est mobile. Cela est encore plus alarmant lorsque l’on sait que 35 % des employés utilisent leur smartphone pour résoudre des défis professionnels. Si l’apprentissage est censé être favorable au travail et à l’efficacité, alors l’expérience d’apprentissage doit s’adapter à la façon dont les gens travaillent et non l’inverse.

social

De manière générale, la dimension sociale n’existe pas dans le cadre de l’e-learning traditionnel. Cela reste vrai alors même que les sciences de l’apprentissage ont prouvé l’efficacité de l’apprentissage collaboratif en tant que mécanisme pédagogique depuis les années 90. Le social learning fonctionne grâce au tutorat entre pairs, à la facilitation sociale, au conflit socio-cognitif et à la co-construction des idées, entre autres. Les MOOCs innovants exploitent le potentiel de l’apprentissage par les pairs. Ils développent même de nouvelles opportunités, telles que l’utilisation du crowdsourcing en tant qu’approche sociale de l’enrichissement et de la génération de contenu, voire même de la création de l’innovation.

… et aller encore plus loin !

En plus d’éliminer les défauts de l’e-learning, les MOOCs innovants intègrent les derniers codes de l’expérience utilisateur sur Internet. Deux exemples illustrent ceci : la gamification et la personnalisation.

gamifié

Beaucoup de plateformes de MOOCs utilisent les mécanismes de la gamification, du moins jusqu’à un certain point. La gamification de l’expérience d’apprentissage consiste à utiliser les mécanismes du jeu, c’est-à-dire les principes de fonctionnement des jeux tels que les niveaux, les statuts, les comptes à rebours ou encore les récompenses et les bonus, afin d’impliquer et de motiver les utilisateurs pour qu’ils achèvent leurs objectifs d’apprentissage. La plupart des plateformes de MOOCs, cependant, n’offrent que des badges et un tableau des scores. Les fournisseurs de MOOCs les plus avancés proposent des mini-jeux, des compétitions ou des systèmes de vies. La preuve de l’efficacité de la gamification dans la formation d’entreprise, et en particulier du « Battle Mode » de Coorpacademy, a été apportée par notre étude de 2016 qui a montré de plus hauts chiffres d’implication et de performance chez les joueurs de Battle que chez les non-joueurs (voir Dehler Zufferey et al., 2016).

flexible

Les très vastes populations d’apprenants sont forcément hétérogènes. Les apprenants sont non seulement très différents en matière de connaissances déjà acquises et de niveau actuel, mais ils sont également différents dans leurs pratiques d’apprentissage et leurs préférences. Leur permettre d’être plus indépendants en proposant une plus grande flexibilité n’est pas l’unique réponse à ce défi. Les MOOCs doivent innover pour pouvoir offrir le parcours d’apprentissage le plus adapté, efficace et plaisant possible à chaque individu. La problématique majeure ici est de trouver le juste milieu entre l’intelligence artificielle et l’autodétermination des apprenants. L’intelligence artificielle la plus puissante ne pourra pas améliorer l’apprentissage si les apprenants ne comprennent pas et ne peuvent pas influencer leur parcours d’apprentissage. Nous travaillons actuellement sur des solutions de machine learning à intégrer à notre plateforme dans une démarche centrée sur l’apprenant.

Quels autres éléments rendent un MOOC innovant ?

Nous vous avons présenté les six aspects les plus importants des MOOCs innovants. D’après vous, quels autres éléments font un « bon » MOOC ? N’hésitez pas à partager vos réflexions afin de contribuer à notre volonté d’améliorer toujours plus les MOOCs !

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